Auteur/autrice : Stéphane Moral

  • Matériaux de construction : Retour sur le choc inflationniste (2020-2026)

    Matériaux de construction : Retour sur le choc inflationniste (2020-2026)

    Le secteur du bâtiment en France traverse une période de turbulences sans précédent depuis le début de l’année 2020. Ce qui a commencé par un gel logistique mondial s’est transformé en une crise structurelle profonde, marquant la fin de l’ère de la construction à bas coût. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il suffit de regarder l’indice BT01 : il est passé de 111,8 en janvier 2020 à 133,3 en novembre 2025, soit une progression de près de 19,2 %.

    2020-2021 : La désorganisation mondiale

    Avant la pandémie, le secteur évoluait dans une stabilité relative. L’arrivée du COVID-19 en 2020 a d’abord provoqué un arrêt des chantiers, mais les prix sont restés stables grâce aux stocks existants, avec une hausse limitée à 1,6 % sur l’année.

    C’est en 2021 que la première onde de choc a frappé. La reprise mondiale asymétrique a créé des pénuries de matériaux, notamment pour le bois d’œuvre qui a connu une volatilité historique avec des pics de hausse atteignant +60 %. L’acier a également commencé son ascension, porté par une demande spectaculaire et des flux logistiques désorganisés.

    2022-2023 : Le choc énergétique et les matériaux « électro-intensifs »

    L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a introduit une nouvelle variable : l’explosion des coûts de l’énergie. Les matériaux nécessitant une fabrication à haute température ont été les plus touchés :

    • L’acier : A subi une hausse cumulée de 40 % entre 2021 et 2023.
    • L’aluminium : A atteint un record historique en mars 2022 avant d’entamer une phase de correction.
    • Le béton : Ses prix ont augmenté de 15 %, poussés par le coût du gaz et de l’électricité nécessaires aux fours à ciment.

    Au total, l’indice BT01 affichait une hausse annuelle record de 6,11 % en janvier 2022.

    2024-2025 : La décarbonation comme nouveau moteur de coût

    À partir de 2024, l’inflation des matériaux s’est stabilisée à des niveaux élevés, mais une nouvelle composante réglementaire est entrée en jeu : la RE2020. Le passage au « Seuil 2025 » au 1er janvier 2025 impose des exigences carbone plus strictes, obligeant les constructeurs à privilégier des solutions plus onéreuses comme le béton bas carbone ou les matériaux biosourcés.

    Cette transition environnementale génère un surcoût de construction initial estimé entre 5 % et 10 %. Parallèlement, certains métaux comme le cuivre restent sous tension en raison de l’électrification croissante des bâtiments, s’installant durablement au-dessus de la barre des 10 000 USD par tonne.

    Perspectives pour 2026 : Vers un nouvel équilibre

    Pour 2026, les experts prévoient une stabilisation relative des prix sur des plateaux élevés. L’indice BT01 devrait connaître une hausse modérée, tandis que les taux de crédit immobilier devraient se stabiliser autour de 3,2 %.

    Cependant, la santé financière des entreprises reste fragile. Le secteur de la construction a représenté 25 % des 70 000 défaillances d’entreprises enregistrées en France en 2025. Malgré un timide rebond de l’activité attendu (+1,8 % en volume), la Fédération Française du Bâtiment (FFB) anticipe encore la suppression de 10 000 postes en 2026.

    En conclusion, construire en 2026 demande une expertise financière rigoureuse. La maîtrise des coûts n’est plus seulement technique, elle est devenue contractuelle et stratégique pour faire face à cette nouvelle réalité du marché.

  • Le coordonnateur SPS

    Le coordonnateur SPS


    La mission du Coordonnateur SPS : Un pilier stratégique pour la sécurité de vos chantiers

    Dans tout projet de construction, d’aménagement ou de réhabilitation, la sécurité des travailleurs est une priorité légale et éthique. Au cœur de ce dispositif se trouve le Coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé (CSPS), un acteur dont la mission est d’anticiper les risques professionnels dès la genèse du projet.

    Une autorité forte au service de la prévention

    Le CSPS n’est pas un simple observateur ; il dispose d’un véritable pouvoir d’action pour préserver l’intégrité physique des intervenants. Il a l’obligation d’informer sans délai le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre de toute violation des mesures de sécurité ou de tout manquement réglementaire.

    Plus encore, en cas de danger grave et imminent constaté lors d’une visite (risque de chute, d’ensevelissement, etc.), il a l’autorité nécessaire pour arrêter tout ou partie du chantier afin de définir les mesures correctives indispensables. Ses interventions et constats sont consignés de manière chronologique dans le Registre Journal de la Coordination (RJC).

    La mission en phase Conception : Anticiper pour sécuriser

    Dès la phase d’études, le CSPS apporte son expertise pour influencer les choix techniques et organisationnels :

    • Analyse documentaire : Il formule un avis écrit sur les documents d’étude (esquisse, avant-projet, projet) pour vérifier le respect des principes généraux de prévention.
    • Élaboration du PGCSPS : Il rédige le Plan Général de Coordination, qui définit les mesures de protection collective, les modalités d’accès au chantier et les règles de circulation.
    • Le DIUO : Il initie le Dossier d’Intervention Ultérieure des Ouvrages, visant à faciliter la prévention des risques lors des futures opérations de maintenance ou d’entretien du bâtiment.
    • Le CISSCT : Pour les opérations de grande envergure (niveau 1), il élabore le projet de règlement du Collège Interentreprises de Sécurité, de Santé et des Conditions de Travail.

    La phase Réalisation : Une coordination opérationnelle

    Une fois le chantier lancé, le rôle du CSPS devient quotidien et proactif :

    • Harmonisation des PPSPS : Il collecte et analyse les Plans Particuliers de Sécurité et de Protection de la Santé de chaque entreprise pour s’assurer de leur cohérence globale.
    • Inspections communes : Préalablement à l’intervention de chaque entreprise, il organise une inspection sur site pour préciser les consignes de sécurité spécifiques à l’opération.
    • Suivi de terrain : Il procède à des inspections inopinées régulières pour vérifier l’application des règles définies dans le PGCSPS et le respect des protections collectives.
    • Gestion des interférences : Sur les sites maintenus en exploitation, il coordonne les mesures nécessaires pour éviter les risques entre les activités du chantier et celles des usagers extérieurs.

    La clôture de mission et le devoir de conseil

    La mission du CSPS s’achève à l’expiration de la garantie de parfait achèvement. À la réception des travaux, il remet au maître d’ouvrage la version provisoire, puis définitive, du DIUO, un document essentiel pour la vie future de l’ouvrage.

    Au-delà de ces tâches réglementaires, le CSPS exerce un devoir de conseil permanent auprès du maître d’ouvrage, contribuant à instaurer un climat de collaboration serein entre tous les bâtisseurs. En analysant les statistiques et rapports d’accidents, il propose sans cesse des améliorations pour que l’acte de construire reste un acte sûr.

  • IoT (Internet des Objets)

    IoT (Internet des Objets)

    IoT (Internet des Objets) dans la Construction implique l’utilisation de capteurs intelligents et de réseaux de communication pour la transmission d’informations sur les chantiers de construction. Les capteurs IoT, associés à des protocoles sans fil, permettent de collecter et de transmettre des données sur divers aspects tels que la température, l’humidité, la pression, et bien d’autres paramètres liés à la construction. Ces données peuvent être utilisées pour surveiller l’état des infrastructures, améliorer l’efficacité énergétique, garantir la sécurité des travailleurs, et optimiser les processus de construction[1][2].

    Les capteurs intelligents sont essentiels pour la collecte de données en temps réel, tandis que les réseaux de communication pour l’IoT permettent la transmission efficace de ces données vers les systèmes de gestion et de contrôle. Ces technologies jouent un rôle crucial dans la modernisation et l’optimisation des pratiques de construction, en offrant une visibilité et un contrôle accrus sur les opérations sur le terrain[1].

    Citations:
    [1] Perspective de la recherche sur la vision par ordinateur https://preventera.online/ia-blog/f/perspective-de-la-recherche-sur-la-vision-par-ordinateur?blogcategory=Big+Data
    [2] https://hal.univ-lorraine.fr/tel-01752264/document
    [3] [PDF] OffredeformationBTS-Vol3.pdf – Université Evangélique du Cameroun http://www.uecam.org/documents/BTS/OffredeformationBTS-Vol3.pdf
    [4] HAL Id: hal-01187103 https://inria.hal.science/hal-01187103v1/file/actes-TICE.pdf
    [5] DIAL https://dial.uclouvain.be/downloader/downloader.php?datastream=PDF_01&pid=boreal%3A70836